Histoire, biographies,
Nous sommes en 56 av. J.C., Crassus a soumis l'Armorique, mais une population résiste à l'envahisseur: les VENETES.
Population bien organisée ( elle est dotée d'un Sénat), les Vénètes sont une puissance maritime et commerciale incontestable.
-"...Par leur marine considérable, leur supériorité nautique bien reconnue et leurs relations commerciales, les Vénètes étaient devenus un peuple très puissant dont l'autorité s'étendait au loin, sur le littoral de la Gaule." (Jules César- Guerre des Gaules)
Possédant une flotte importante, ils commercent, non seulement avec les îles britanniques, mais également avec toute l'Europe du Sud.
Avec l'Italie, dont ils diffusent le vin et l'huile que les Romains exportent via Bordeaux, en Armorique et vers la Grande Ile. En échange, les Vénètes vendent à Rome, outre de l'étain, du plomb et du cuivre, des salaisons et des charcuteries ( dont les Romains sont friands). Leur marine florissante leur permet aussi des relations suivies avec le nord-ouest de l'Espagne, les Phéniciens et mêle Carthage.
Ils possèdent de nombreux petits ports, placés à grande distane les uns des autres sur
les côtes de cette mer tumultueuse, nous indique César. Mais, l'Océan leur offre une mer fermée, semée de nombreuses îles: le Golfe du Morbihan; dans lequel ils peuvent, sans risque, abriter
leurs bateaux.
..." Telle était, précise César, l'assiette des places fortes situées sur des langues de terre ou des promontoires, qu'elles n'étaient accessibles ni au gens à pied à cause du flux, ni aux navires parce qu'à la marée descendante, ils courait le risque de se perdre sur les bas-fonds." ( Guerre des Gaules)
De plus, ces indomptables Vénètes, insaisissables sur terre, invincibles sur mer ( car redoutables marins), sont aussi d'habiles constructeurs de bateaux. Et, cette flotte qui leur facilite les déplacements, est une menace permanente pour Rome...
Aussi César, en pleine conquête des Gaules, ne peut compromettre celle-ci en négligeant ce bastion. Il décide donc de vaincre ce peuple rebelle qui contrôle tout le commerce " sur la mer océane' et qui fédère autour de lui les autres peuples de la mer.
Alors, lorsque les Vénètes font prisonnier les Tribuns militaires envoyés par LABIENUS pour acheter du blé; c'en est trop!...
-"Il faut vaincre. Engager la bataille sur mer puisque les villes sont défendues par le flux de l'Océan."
Ainsi parle César à la Xème Légion.
Pour lutter contre les robustes navires vénètes ( 30 m. de long sur 12 de large), il faut des galères, en bois de la région, rapides et mobiles.
César fait venir des constructeurs italiens et provençaux, qui, avec l'aide des Angevins, réaliseront ces trirêmes (40m. de long sur 5 de large.
Cette flotte, bien organisée, actionnée par des rames ( 170 rameurs par galère), quitte l'estuaire de la Loire et se dirige vers le Golfe du Morbihan... Port Navalo... Locmariaquer...
BRUTUS en assure le commandement.
L'affrontement aura lieu dans un espace maritime limité pae Houat, Hoëdic; l'île Dumet, Sarzeau et l'entrée du Golfe.
Ce matin d'été, César quitte le camp avec l'armée et se dirige vers ces collines qui dominent la mer. Le vent est vif. Les vagues viennent se fracasser sur la côte du Grand Mont ( St Gildas de Rhuys).
Les Vénètes sont confiants. Les galères romaines semblent bien frêles face aux lourds vaisseaux de chêne, à la proue et à la poupe haute, capables de resister aux chocs, aux éperons et aux tempêtes océanes.
Les 200 navires vénètes, équipés de voiles en peau de bête amincie et assouplie, poussés par un vent d'ouest, rabattent la flotte romaine vers la côte, vers les roches traitresses. Les flèches et les javelots romains se rompent sur les hauts bords de ces bateaux.
Brutus songe un instant à la fuite. Mais que penserait César qui assiste au combat depuis la côte?
Quand, brusquement le vent tombe, laissant les navires vénètes sans motricité...
Désemparés, les Gaulois essaient de rentrer dans le Golfe par l'anse de Darionig ( Locmariaquer) avec la marée montante. Mais ils sont pousuivis et même devancés par les galères romaines.
Alors, légionnaires et marins romains tendent vers les cordages des navires ennemis des faux aiguisées, attachées à de longues perches. Elles coupent, tranchent, déchirent les voiles qui s'affalent sur les ponts. Les archers prennent sous leurs traits les Vénètes surpris tandis que l'infanterie prend d'assaut les navires immobilisés.
Le soir tombe. C'est la défaite.
Désormais, toute la côte est romaine.
-" Que le Sénat vénète soit mis à mort et que le peuple soit vendu comme esclave."
César a décidé qu'il fallait châtier durement ce peupe qui a osé défier Rome.