- " Marlborough s'en va-t-en-guerre, mironton, mironton, mirontaine,
Marlborough s'en va-t-rn-guerre, ne sait quand reviendra..."
( le Duc de Marlborough ->)
Combien d'entre nous savent ou se souviennent que cette contine satirique parle d'une des batailles les plus sanglantes du XVIIIème siècle?
Nous sommes en pleine Guerre de Succession d'Espagne ( 1701-1714). Nos frontières sont menacées. La France est épuisée. L'hiver a été exceptionnellement rude et la famine sévit.
Louis XIV, qui lutte pour asseoir son peti-fils Philippe, Duc d'Anjou, sur le trône d'Espagne depuis 1701, s'inquiète de l'évolution de ce conflit. En effet, l'armée
française essuie revers sur revers. Face à cette situation critique, le vieux monarque s'humilie et sollicite la paix. Hélas, sans succès.
-" J'aime mieux faire la guerre à mes ennemis qu'à mes enfants..." déclare-t-il.
Il lance une souscription. Il faut en finir avec cette guerre qui affaiblit la France. Sortir de ce guêpier. Lui-même montre l'exemple en vendant sa vaisselle en or
pour réunir les fonds nécessaires à la formation d'une nouvelle armée.
C'est chose faite, en cette année 1709, le Commandement en est donné au Maréchal Claude de Villars, seul Maréchal de France à avoir, par le passé, défié le Duc de Marlborough, sans être défait.
Ce dernier mène tout d'abord campagne dans le Piémont italien.
A la fin de l'été 1709, le front s'est déplacé vers le nord-est de la France. La frontière franco-belge, à Malplaquet, un petit bourg situé entre Mons et Maubeuge.
C'est là que les troupes françaises vont affronter celles de la coalition européenne, commandées par le Prince Eugène de Savoie et le Duc de Marlborough.
Le Prince de Hesse-Cassel est en marche vers Mons avec 30 escadrons, bientôt rejoint par les troupes du Prince Eugène. En tout 105 000 hommes.
Les Français ( 80 000 hommes) sont menés par les Maréchaux de Villars et de Boufflers.
Le Maréchal Claude de Villars
MALPLAQUET, le 11 SEPTEMBRE 1709,
Ce mercredi matin, après que le brouillard se soit dissipé, c'est la confrontation.
Les 96 bataillons d'infanterie et les 180 escadrons de cavalerie du Maréchal de Villars affrontent les
128 bataillons d'infanterie et les 253 escadrons de cavalerie des Coalisés.
Les premières victimes sont des civils: 57 habitants de Sars-la-Bruyère, venus assister à la messe, sont pris au piège dans leur église bombardée par
les Anglais. Le Duc de Marlborough ayant décidé de la brûler pour que la fumée donne le signal de l'assaut.
La bataille s'engage.
S'en suit une véritable boucherie. On assiste à un ensemble d'assauts frontaux, sans coordination, inutiles et meurtriers. Un carnage.
Durant 6 heures, les Français vont repousser la plupart de ces assauts. Le soir venu, le Maréchal de Boufflers, qui remplace de Villars, blessé, ordonne la
retraite.
20 000 Alliés et 11 000 Français s'ajoutent aux 57 civils de Sars.
L' issue de la bataille reste indécise. Qui peut dire avoir réellement gagné la Bataille de Malplaquet ? Défaite tactique pour la France ou victoire stratégique pour
la Coalition ?
Les Coalisés austro-anglais ont subi de lourdes pertes et il n'est plus question, pour eux, d'envahir la France.
Le vieux roi Louis XIV peut à nouveau espérer.
La guerre va se prolonger encore 3 ans. Jusqu'à la défaite des Alliés, à Denain, en 1712. Les négociations de paix aboutiront à la signature du TRAITE D'UTRECHT, en 1714. Traité par lequel,
Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, renonce , pour lui et pour sa descendance, au trône de France et est reconnu Roi d'Espagne, sous le nom de Philippe V.
( Philippe V d'Espagne)
La Guerre de Succession d'Espagne, dernière guerre de Louis XIV, permit à la France d'installer un monarque français à Madrid, Philippe V ( comme prévu par le testament de Charles II
d'Espagne).
Rappelons que cette dynastie règne toujours aujourd'hui, sur l'Espagne.